Enseignement

Adoption du décret fourre-tout de la Ministre Milquet en commission : Ecolo regrette la politique du « bâton »

Photo Flickr (CC) Kai C. Schwarzer

La commission éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d’adopter le fameux décret « fourre-tout » de la Ministre Milquet. Ce décret a été largement critiqué tant sur la forme que sur le fond.

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Par Barbara Trachte
Publié le 20 janvier 2016

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Sur la forme, ce décret qualifié « fourre-tout » est en effet loin de ne contenir que des dispositions techniques. Il reprend également de nouvelles politiques conséquentes en ce qui concerne le pilotage des établissements, les maternelles, la liberté d’expression des enseignants, etc. Selon la Ministre, ce décret « exécute les décisions du Pacte ». Pourtant, ces dernières n’existent pas encore !

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Pour Barbara Trachte, députée Ecolo, « c’est finalement ici que cela se passe, la majorité valide des choix politiques alors même que de nombreux acteurs de l’école sont actuellement en train de se mobiliser et de réfléchir à des propositions et des solutions sur ces mêmes enjeux. De qui se moque-t-on ? A quoi sert encore le Pacte si la majorité a déjà tout décidé ? »

Sur le fond, deux articles du décret sont particulièrement polémiques. Le premier intègre une nouvelle obligation pour les établissements, qui doivent désormais déterminer un plan de pilotage. Ce dernier contient des indicateurs de performance chiffrés et de nouvelles stratégies à mettre en œuvre, ce qui représente une nouvelle charge de travail conséquente pour les écoles à l’heure où l’allègement des charges administratives des directions est une priorité. Le second impose aux écoles qui présenteraient un « écart significatif » par rapport à la moyenne la rédaction d’un « plan de rattrapage ».

« L’introduction de ces mesures témoigne à nouveau d’une vision managériale de l’enseignement vers laquelle s’achemine la majorité, vision au terme de laquelle des indicateurs de performance prennent le pas sur les valeurs de l’école. », poursuit Barbara Trachte. « En d’autres termes, on confond l’école et l’usine. La seule chose qui semble compter est la performance des écoles au regard d’indicateurs chiffrés au détriment des valeurs d’éducation et d’émancipation de tous. »

Plus grave encore, ces politiques de « pilotage par les résultats » ne fonctionnent pas ! Les études démontrent que les systèmes ayant mis en place de tels modèles de pilotage, comme l’Angleterre et les États-Unis auxquels la Ministre se réfère, n’ont pas réussi à agir sur la réussite ou sur la réductions des inégalités scolaires. « Ce qu’il faut, c’est miser sur les enseignants. La solution vient des acteurs de terrain qui doivent être renforcés. Même le cabinet de conseils McKinsey le dit. Pourtant on s’obstine à viser des résultats en termes de performances, alors que c’est la formation et le soutien qui devraient être prioritaires ».

Pour les écologistes, les écoles qui rencontrent le plus de difficultés ont le droit d’être soutenues et ce dès aujourd’hui : « Nous pouvons accorder plus de moyens aux écoles en encadrement différencié, mettre en place des espaces pour le travail collaboratif des enseignants, octroyer des formations aux enseignants leur permettant d’accompagner les élèves les plus en difficulté et de gérer des classes hétérogènes. Surtout, il faut passer d’une politique du bâton, où on stigmatise et sanctionne les écoles qui rencontrent le plus de difficultés, à une politique de soutien des professionnels, en les outillant et en soulageant la charge des directions. Or, il semble qu’on se dirige dans la direction opposée. C’est tout à fait incompréhensible », conclut Barbara Trachte.

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Un dossier suivi par

Barbara Trachte

Barbara Trachte

Députée bruxelloise et députée au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles
Juriste de formation, je suis députée depuis juin 2009. J’ai une prédilection pour les matières liées à la gouvernance et à la participation citoyenne de la région aux communes, et pour les questions d’enseignement.
Je m’intéresse également aux questions de financement et de fiscalité.
Mon moteur est ma volonté d’être actrice - avec vous ! – de la construction d’un monde plus solidaire et respectueux des humains et de la planète.
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