Emploi

Avec ses projets de réforme, le Gouvernement Michel va accentuer une politique qui ne crée pas réellement d’emploi

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Selon les chiffres les plus récents publiés par Eurostat, datés du 4 janvier, le taux d’emploi en Belgique est encore plus bas qu’au début de la législature. Malgré les diminutions de cotisation accordées aux employeurs, le Tax Shift est loin de favoriser la création des emplois annoncés. Et encore moins d’emplois de qualité ! C’est ce que dénonce Ecolo, demandant des choix politiques différents, favorisant le partage du travail disponible, améliorant la qualité de l’emploi, conditionnant les aides apportées aux employeurs et investissant dans les secteurs du futur.
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Par Georges Gilkinet
Publié le 11 janvier 2017

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Niveau 3

“La logique de la majorité fédérale, c’est-à-dire compresser les salaires et diminuer les cotisations sociales, ne conduit pas aux effets espérés ou annoncés en terme de création d’emplois. Elle accentue le déficit de la sécurité sociale, mais ne crée pas la dynamique socio-économique utile à la création d’emplois. C’est un échec. Et pourtant, avec les différents textes sur la table le Gouvernement Michel veut encore accentuer cette politique qui ne fonctionne pas ! ”, constate Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

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Niveau 4

Que constate-t-on en fait ? Que le nombre d’actifs est le même qu’au moment de l’entrée en fonction de Michel 1er. Et si on compare la Belgique avec les autres pays européens, alors que nous avions déjà deux points de retard par rapport à la moyenne européenne de taux d’activité (67,6% d’actifs, contre une moyenne de 69,5%), l’écart est à présent de 4 % en défaveur de la Belgique (67,5% contre une moyenne de 71,5%).

L’objectif le plus important de l’accord de Gouvernement fédéral, à savoir “d’ici la fin de législature, atteindre un taux d’activité de 73,2%”, ne fait que s’éloigner trimestre après trimestre, alors que la plupart des pays européens progressent en cette matière.

Et si on regarde le nombre d’équivalents temps plein ? Les derniers chiffres de l’ONEM montrent qu’on comptabilise effectivement davantage d’emplois en Belgique, à peu près 100.000, mais que le nombre d’heures prestées était, au troisième trimestre 2016, exactement le même qu’au quatrième trimestre 2014. Malgré les efforts salariaux (saut d’index et marge salariale nulle), à charge des travailleurs, et malgré les réduction de cotisation sociale, au bénéfice des employeurs, il n’y pas d’heures prestées en plus ! Cela contraste furieusement avec les messages d’autosatisfaction régulièrement distillés par les membres de la majorité.

“Et s’il y a des emplois supplémentaires, ce sont souvent des emplois à temps partiels ou des flexijobs pour des personnes qui travaillent déjà. Et c’est ça aussi l’échec de ce Gouvernement : trop d’emplois sont créés en Belgique, mais encore moins d’emplois à temps plein et de qualité. C’est pour ça que nous recommandons de conditionner les réductions de cotisation sociale à la création d’emplois, à les orienter davantage vers les bas salaires, ce qui est beaucoup plus efficace pour créer de l’emploi et de compenser systématiquement le déficit que ça engendre pour le financement de la sécurité sociale. Ce que ce Gouvernement fait, c’est signer des chèques en blanc au bénéfice des entreprises, mais l’expérience montre que ça ne fonctionne pas”, explique Georges Gilkinet.

Des alternatives sont pourtant possibles, Ecolo propose ainsi diverses mesures, dont les suivantes :

  • Les réductions de cotisation sociale doivent être orientées davantage vers les plus bas salaires, pour avoir un effet maximal en matière de création d’emplois. Ces réductions de cotisation sociale doivent être strictement compensées au niveau de la sécurité sociale par un financement alternatif s’appuyant sur une cotisation sur les revenus des capitaux.
  • Les employeurs qui bénéficient de ces réductions de cotisation doivent prendre l’engagement de créer ou de maintenir de l’emploi au départ des économies réalisées. Si non, il s’agit juste d’un effet d’aubaine. L’évolution de l’emploi depuis le début de la législature montre clairement qu’il faut davantage utiliser ce levier. Ecolo revendique une plus grande conditionnalité des aides publiques, en obligeant les entreprises qui licencient malgré des bénéfices importants à rembourser les aides perçues.
  • Des formules de partage du travail disponibles doivent être mises en œuvre, comme le plan Tandem qui permet à un aîné de lever le pied et de laisser la place progressivement à un travailleur jeunes ou la semaine des 4 jours, sur base volontaire.
  • Et sur le plan économique, la Belgique doit résolument orienter ses choix vers l’économie du futur et l’autonomie énergétique. Isoler les maisons et développer les énergies renouvelables, c’est faire du bien à l’économie, à l’emploi et à l’environnement.

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Un dossier suivi par

Georges Gilkinet

Georges Gilkinet

Député fédéral
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