Logement

Ecolo dénonce une réforme du logement public injuste et inefficace

Photo (CC) Flickr Lhoon

La réforme du logement public en Wallonie a été votée en séance plénière du Parlement de Wallonie. Pour Ecolo, cette réforme passe à côté de son objectif d’amélioration de la situation, en compliquant au contraire l’accès au logement social pour ceux qui en ont besoin.

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Par Matthieu Daele
Publié le 1er juin 2017

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38 000 ménages sont actuellement sur la liste d’attente pour obtenir un logement social. Sous le prétexte d’améliorer la mixité sociale dans les logements publics, la majorité PS-cdH allonge cette liste, en augmentant le plafond de revenus permettant d’y prétendre mais sans augmenter le nombre de logements disponibles. « Vouloir œuvrer à plus de mixité et permettre à des revenus dit ’moyens’ d’avoir accès à des logements publics est une bonne intention. Mais cela ne peut se concrétiser que si on augmente le nombre de logements disponibles, » commente le député wallon Ecolo Matthieu Daele. « Le logement public doit se concentrer sur les personnes qui ont des difficultés, ou qui sont dans l’impossibilité, de se loger sur le marché locatif. On peut évidemment élargir le public-cible mais il faut pour cela investir, tant dans la rénovation des logements existants que dans la création de nouveaux logements. Or, ce n’est pas du tout ce que fait le Gouvernement wallon, qui ne cesse de désinvestir dans le soutien aux personnes en difficulté, » ajoute Matthieu Daele.

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Ecolo pointe également l’écueil de la vente des logements sociaux aux locataires, qui va également diminuer le nombre de logements disponibles. En effet, les locataires peuvent désormais acheter leur logement après neuf ans (contre 30 ans avant la réforme). Une politique qui rappelle le système mis en place par Margaret Thatcher en Angleterre et qui n’a pas fonctionné. « La Flandre l’a également testé en 2006 et l’a annulé en 2016. Ce système diminue le nombre de logements disponibles et perturbe le système de rotation. Et le prix de revente ne permet même pas d’en construire de nouveaux. Bref, ça ne fonctionne pas, c’est prouvé mais le PS et le cdH y vont quand même, » poursuit Matthieu Daele.

Enfin, les Verts soulignent que la réforme comporte des risques de fraude et d’augmentation du copinage dans l’attribution des projets de logements sociaux. D’une part, le contrôle est assoupli, ce qui ouvre la porte à la fraude, notamment dans le cas de travaux. « L’organisme de tutelle ne pourra contrôler les travaux qu’après et si un lanceur d’alerte a attiré son attention. Autant dire qu’on risque de revenir à des débordements et à des problèmes de gouvernance comme lors de l’affaire de la Carolo, tout ça alors que le scandale Publifin notamment fait encore des vagues… Enfin, les sociétés de logement devront transmettre certains logements à d’autres organismes, comme les communes et les CPAS. Dans ce cas-là, les critères d’attribution ne sont pas les mêmes que pour les sociétés de logement. Ce sera inévitablement le retour du clientélisme, » conclut Matthieu Daele.

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Matthieu Daele

Matthieu Daele

Député wallon et député au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles
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