Fête du travail

Les jeunes ont le droit d’essayer !

Photo (C) Jcomp - Freepik.com

Nos gouvernements successifs ont précarisé la jeunesse de notre pays. Ils ont à la fois diminué les protections sociales dont ils bénéficiaient et limité la liberté qui leur permettait de s’émanciper à partir de leurs talents et aspirations.

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Par Zakia Khattabi, Patrick Dupriez
Publié le 1er mai 2017

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La chasse aux jeunes a débuté avec le gouvernement Di Rupo : un jeune qui sortait des études pouvait jusque là bénéficier, après 9 mois, d’une allocation dite de remplacement, qui avait une durée illimitée.

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Le gouvernement fédéral a d’abord augmenté la période d’attente et limité la durée de l’allocation à 3 ans. Au-delà ? Plus rien. Ou le CPAS.

Le gouvernement de Charles Michel en a rajouté une couche : la limitation d’âge descend à 25 ans et les jeunes de moins de 22 ans doivent présenter un diplôme d’enseignement supérieur ou avoir suivi avec succès une formation en alternance pour bénéficier de leurs indemnités d’insertion.

Conséquences ? Notre jeunesse est en danger, par l’exclusion de 15.000 jeunes pour fin de droit ces deux dernières années, dont 58 % sont des femmes. En 2015, nous avons assisté à une augmentation de 13,2 % des bénéficiaires du revenu d’intégration sociale. C’est énorme ! Le plus gros pourcentage dans l’histoire de notre système.

« 15.000 personnes exclues, non pas parce que nos Gouvernements ont ou avaient un projet pour la jeunesse, mais bien parce qu’ils ont le nez rivé sur leur comptabilité et leur aveuglement idéologique », s’insurgent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez.

Les allocations d’insertion – 300 à 800 € - permettaient par le passé à certains jeunes une autonomisation progressive et une entrée dans le monde du travail. Ces jeunes vivent à présent une double exclusion, puisque l’exclusion des allocations d’insertion les exclut automatiquement de l’accès aux programmes régionaux de formation à l’emploi. Un non-sens.

« Or, il est une évidence que les Gouvernement Michel refuse de regarder en face : il est difficile en 2017 de trouver un travail, et surtout de trouver un travail quand on est dépourvu d’expérience, comme tous les jeunes qui sortent des études », poursuivent les Coprésidents d’ECOLO.

La pression mise sur eux ne marche pas, ne participe pas à la création d’emploi, pire, elle est contreproductive !

Il est loin le temps où on entrait dans une entreprise ou une administration à 20 ans et on en sortait 45 ans plus tard…

Les jeunes d’aujourd’hui trouvent peut-être plus tardivement leur voie. Souvent ils combinent plusieurs jobs et ont tendance à mettre en avant la qualité de vie et le respect de leurs valeurs plutôt qu’un salaire à tout prix, anticipant par ailleurs une carrière qui sera d’office moins continue et plus longue.

Les jeunes veulent plus de liberté, plus de souplesse. Ils veulent pouvoir embrasser plusieurs professions, parfois même simultanément, en jonglant avec les statuts aussi.

C’est le résultat d’une évolution socio-économique due à une plus grande instabilité du marché de l’emploi, mais aussi d’une évolution culturelle.
Ce besoin de souplesse et de liberté, qui permet l’émancipation que les écologistes appellent de leurs vœux, et qui convient aux aspirations de nombreux jeunes, ne peut néanmoins signifier concrètement plus de précarité ou de flexibilité à sens unique, comme c’est malheureusement trop souvent le cas aujourd’hui.

Pour ECOLO, les jeunes devraient avoir le droit à davantage de sécurité - un revenu avant tout – et à davantage de liberté - le droit de choisir, d’essayer, voire de se tromper et de recommencer.

Ecolo a remis sur le métier la réflexion sur la mise en place d’une allocation universelle. Mais sans attendre, les Verts demandent de renouer avec le progrès et de permettre aux jeunes d’avoir le droit d’essayer, et donc aussi parfois de se tromper : essayer une formation et se réorienter, essayer un métier et en changer, essayer d’entreprendre et de faire d’un échec une opportunité…

Tournons la page sombre des gouvernements Michel et Di Rupo et rétablissons une vraie allocation d’insertion pour les 18 - 30 ans, une allocation individualisée pour une durée de 5 ans accessible après un stage d’insertion de 6 mois, une allocation majorée pour les jeunes mères isolées.

Et puis faisons un pas plus loin : pour donner aux jeunes un véritable droit d’essayer, Ecolo demande que jusqu’à 30 ans, celles et ceux qui quittent volontairement un emploi ou une activité d’indépendant après un an d’activité minimum - pour cause d’inadéquation, par volonté de se former ou d’expérimenter autre chose… - puissent bénéficier du droit aux allocations de chômage.

« Donner aux jeunes le droit d’essayer, c’est favoriser pour toutes et tous l’accès à l’épanouissement et au libre choix. Le monde que les jeunes d’aujourd’hui vont devoir inventer pour préserver un avenir à notre humanité sera très différent de celui que nous connaissons. Nous, écologistes, faisons résolument le choix de leur faire confiance ! Et la confiance en soi est le premier secret du succès », concluent les Coprésidents d’ECOLO.


Découvrez le discours de Zakia Khattabi et Patrick Dupriez :

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Un dossier suivi par

Zakia Khattabi

Zakia Khattabi

Co-présidente d'ECOLO
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Patrick Dupriez

Patrick Dupriez

Co-président d'ECOLO
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