Psychothérapeutes

Reconnaissance des psychothérapeutes : Maggie De Block nous renvoie 15 ans en arrière

Photo Flickr (CC) Pascal

Le conseil de ministres a donné son feu vert au projet de la Ministre de la santé Maggie De Block de limiter l’exercice de la psychothérapie aux psychologues cliniciens, orthopédagogues cliniciens et aux médecins. Les psychothérapeutes ne seraient donc plus reconnus comme exerçant une profession distincte.

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Par Muriel Gerkens
Publié le 11 février 2016

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Or le Gouvernement précédent avait déjà tranché, après de longues années de discussions, sur la reconnaissance des psychothérapeutes et avait adopté une loi en 2014 devant entrer en vigueur le 1er septembre 2016. S’il est adopté, le projet actuel de la Ministre Maggie De Block annule dès lors tous les bénéfices de cette loi de 2014 « et nous renvoie 15 ans en arrière ! », s’insurge Muriel Gerkens, Députée fédérale Ecolo.

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« J’ai déposé une interpellation cette semaine pour entendre la Ministre avant qu’elle ne mette au vote les modifications législatives qu’elle annonce. Il n’est pas trop tard pour renoncer à ce retour dans le passé et au détricotage de cette loi, adoptée, faut-il le rappeler, par tous les partis sauf le Vlaams Belang et la N-VA. Comment les cosignataires de notre proposition commune oseront-ils se dédire ? »

Pour Ecolo, il n’est pas acceptable que la psychothérapie ne soit pas considérée comme une pratique professionnelle spécifique, et qu’il faille être médecin, psychologue ou orthopédagogue pour devenir psychothérapeute. La Ministre de la santé semble préférer les intitulés de diplômes plutôt que des garanties d’acquisition des compétences. La psychothérapie n’est en effet pas un traitement, qui conviendrait à toute personne présentant les mêmes troubles, mais bien une démarche spécifique dans laquelle s’engagent les deux parties, patient et psychothérapeute.

« J’ai beaucoup travaillé avec les représentants des fédérations de psychothérapeutes, de psychologues et les centres de formation pour rédiger une proposition de loi Ecolo-Groen en juin 2012 » poursuit Muriel Gerkens. « Diverses discussions ont ensuite abouti à la rédaction d’une proposition de loi commune à l’ensemble des groupes politiques en décembre 2013. C’est ainsi qu’a été adoptée la loi du 4 avril 2014 mettant en place les critères de reconnaissance des psychothérapeutes et le processus pour en organiser des formations de qualité. »

Cette loi de 2014 identifie les compétences à acquérir pour pouvoir entamer la formation complémentaire spécifique de 4 années en psychothérapie. Elle reconnaît les rôles spécifiques des hautes écoles et des universités. Elle exige en outre l’agrément des centres de formation en psychothérapie. Elle spécifie également les exigences relatives à cette formation en insistant sur la supervision permanente et le travail de développement personnel à accomplir tout au long de sa carrière. L’objectif est de garantir des psychothérapies de qualité, et adaptées aux besoins et projets des personnes.

« Revenir sur ces discussions et ce consensus ayant abouti à une loi solide et efficace n’a aucun sens », conclut Muriel Gerkens. « Ce serait un énorme gâchis, tant pour les (futurs) praticiens que pour les (futurs) patients. Ce projet ne tient absolument pas compte de la spécificité de la psychothérapie et du savoir-faire, du savoir-être et du cheminement qu’elle impose. J’attends de la Ministre, et de l’ensemble du Gouvernement, qu’ils renoncent à poursuivre sur cette voie. »

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Un dossier suivi par

Muriel Gerkens

Muriel Gerkens

Députée fédérale
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