Démocratie participative

Réforme de la fonction consultative : encore une occasion manquée de renforcer la démocratie participative en Wallonie

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Alors que les récents scandales continuent de creuser l’écart entre les citoyens et leurs institutions, la coalition PS-cdH passe à nouveau à côté d’une occasion de renforcer et de renouveler la démocratie en Wallonie. En effet, PS et cdH avaient promis de rationaliser et de moderniser les commissions de la société civile chargées de remettre des avis au Gouvernement. Ces commissions, qui se cachent derrière ce qu’on appelle la ’fonction consultative’, constituent un pilier essentiel de la démocratie participative, à travers lesquelles la société civile peut exprimer des avis sur les projets du pouvoir politique ou porter elle-même des enjeux à l’ordre du jour.

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Par Stéphane Hazée
Publié le 15 février 2017

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Ecolo s’était montré ouvert aux ambitions de modernisation et de simplification. Il a malheureusement fallu déchanter. En effet, le texte présenté par le Gouvernement ce mercredi 15 février 2017 passe à côté des objectifs affichés et contient même plusieurs reculs qui mettront à mal la dynamique de la fonction consultative et le fonctionnement de ces organes consultatifs, appelés désormais ’pôles’.

D’une part, la réforme adoptée ne réduit pas réellement le nombre d’instances : Ecolo constate que certaines résultent en fait d’une addition de conseils existants, conduisant à des compositions pléthoriques et à un fonctionnement inopérant. D’autre part, le Gouvernement ne saisit pas l’occasion de cette réforme pour dépasser une approche strictement économique et sociale, et ainsi élargir la représentation de la structure faîtière aux autres dimensions de la société civile, qu’il s’agisse des associations environnementales, des organisations représentant les femmes, les jeunes, les consommateurs ou encore du secteur de l’économie sociale ou de la lutte contre la pauvreté. En toute logique, Ecolo a donc voté contre cette réforme aujourd’hui lors de son examen en séance plénière du Parlement de Wallonie.

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« La considération du Gouvernement wallon pour une large part de la société civile, au-delà des interlocuteurs sociaux, est à géométrie variable : il lui a lancé des fleurs lors des longs débats sur le CETA. Il avait loué la mobilisation citoyenne et associative autour des risques de ce traité commercial avec le Canada (tout en faisant volte-face au final). Mais ces éloges, c’était hier, » déplore Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement de Wallonie. « Aujourd’hui, Paul Magnette porte une réforme de la fonction consultative wallonne qui laisse de côté des pans entiers de la société civile : les associations environnementales, les femmes, les jeunes, les consommateurs, les acteurs de l’économie sociale ou de lutte contre la pauvreté. Pourquoi le Gouvernement wallon refuse-t-il d’élargir la représentation ? PS et cdH ont ainsi rejeté par deux fois des amendements Ecolo visant à sortir d’une approche purement socio-économique, » poursuit Stéphane Hazée.

« En affaiblissant même la capacité d’action d’un grand nombre d’acteurs de la société civile et en entravant ainsi la possibilité pour les nombreux citoyens qu’ils représentent de faire entendre valablement leur voix, le Gouvernement est très loin du renouveau de la démocratie participative dont il ne cesse de parler. Cette réforme est une nouvelle occasion manquée pour la coalition gouvernementale de renouer avec nos concitoyens. C’est déplorable, en particulier dans le contexte actuel, » conclut Stéphane Hazée.

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Un dossier suivi par

Stéphane Hazée

Stéphane Hazée

Député wallon et député au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles
Parce que le climat et l’environnement multiplient les signes d’épuisement, parce que les injustices grandissent et que beaucoup souffrent ou sont exclus
Parce qu’ECOLO propose une réponse cohérente à ces urgences et constitue une alternative crédible contre le fatalisme et le court-termisme, pour un changement de la société pour les gens d’aujourd’hui et pour les générations futures
Parce qu’ECOLO continue à faire de la politique autrement, contre les cumuls, contre les passe-droits, contre les abus, pour la participation et la démocratie, pour une éthique politique au quotidien, de façon collective et dans l’intérêt général
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