Intervention parlementaire

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Publié le 13/06/2017
Niveau : Région wallonne
Type : Question orale

La maltraitance des personnes âgées


Monsieur le Ministre, l'agence Respect Seniors nous indique que les témoignages pour maltraitance des personnes âgées ont augmenté en 2016, puisque sur 5 840 contacts – donc des coups de fil, des rencontres, des courriels qui ont été échangés avec Respect Seniors – il y en a 3 470 qui étaient liés à une perception de maltraitance sur une personne de 60 ans et plus.

 

En 2015, il y avait un peu moins de contacts et un peu moins de situations de maltraitance qui étaient relatées. Les cas de violence psychologique sont les plus fréquents, suivis de la violence financière, mais il y avait également des cas évoqués de négligence et de violence physique.

 

On peut appréhender ce phénomène de deux manières. D'une part, soit on se dit qu'il y a une augmentation du nombre de cas de maltraitance soit on se dit qu'il y a une augmentation du nombre de cas de maltraitance relatés. Il y a une nuance – qui est plus qu'une nuance, d'ailleurs – qui me fait dire que, de deux choses l'une : soit on est dans une situation où il y a des problèmes en augmentation, soit le service Respect Seniors marche de mieux en mieux et est de plus en plus connu et donc permet d'augmenter le nombre de cas relatés.

 

Toujours est-il que l'on peut estimer qu'il y a également de nombreux cas non relatés, qui n'arrivent pas jusqu'à Respect Seniors. Il faut se poser la question et se demander comment on peut améliorer cet état de fait. Il y a aussi un gros problème de silence dans les cas de maltraitance, des cas de maltraitance où ce sont les familles des personnes âgées qui sont le plus souvent maltraitantes, en tout cas en termes de statistiques. Là, le fait de relater les cas de maltraitance est difficile pour les proches des personnes maltraitantes qui font partie de la famille. C'est très difficile de pouvoir lever un coin du voile sur les problèmes au sein des familles, que ce soit dans les institutions aussi, où il y a des difficultés par rapport au fait d'éventuelles représailles de la hiérarchie ou de crainte de secret professionnel qui pourrait ne pas être garanti ou, au contraire, exacerbé.

 

Je voulais poser la question de savoir quelles pistes vous aviez pour faciliter la libération de cette parole, pour mieux mettre le doigt sur des situations de maltraitance, qu'elles puissent être mieux exprimées, parce qu'à partir du moment où elles sont exprimées, elles peuvent seulement alors être combattues. Je vous remercie.
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