Emploi

Evaluer le travail du Forem par le nombre de sanctions plutôt que par celui des remises à l’emploi est insensé et dangereux

Photo (C) Reporters

D’après les chiffres validés par le comité de gestion du FOREM hier et parus dans la presse ce matin, plus de 2000 personnes ont été sanctionnées via une réduction de leur allocation durant le premier semestre 2017 et près de 1000 ont été exclues. Au total 11.381 sanctions ont été prononcées contre des demandeurs d’emploi.

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Par Patrick Dupriez, Hélène Ryckmans
Publié le 13 septembre 2017

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Derrière ces statistiques, il y a des hommes, des femmes et des familles aux parcours singuliers et aux difficultés spécifiques, des personnes qui ne peuvent être considérées comme responsables du manque d’emploi dans notre région et qui sont laissées sans ressources.

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« Présenter ces chiffres comme bilan du travail du Forem est sans doute une réponse au discours stigmatisant du nouveau Ministre Jeholet mais c’est surtout le résultat d’un échec politique affligeant », dénonce Patrick Dupriez.

L’objectif du Forem, c’est fondamentalement la remise à l’emploi, la formation et le soutien de celles et ceux qui en cherchent. Ce sont ces chiffres là qui ont du sens comme l’aurait été l’évaluation qualitative de l’accompagnement des citoyens par les service du Forem. « Supprimer le revenu de quelqu’un qui ne s’est pas présenté à un rendez-vous n’a jamais créé aucun emploi. Obliger des jeunes à répéter des démarches inutiles ne peut constituer un instrument d’émancipation positif », poursuit Patrick Dupriez.

Pour les écologistes, il est clair aujourd’hui que le gouvernement wallon PS-Cdh et le Forem n’ont pas profité de la régionalisation de la compétence au 1er janvier 2016 pour rendre le régime d’activation et de sanction moins absurde et humiliant. Considérant que le nombre d’exclusions définitives après les 6 premiers mois de 2017 (988) dépasse déjà le nombre total de 2016 (915), on peut craindre un accroissement inexorable du nombre de sanctions. Les avertissements et suspensions pour 13 semaines des allocations ont également significativement augmentées entre les premiers semestres 2016 et 2017. Est-ce vraiment ce que souhaite le gouvernement wallon ? Est-ce vraiment ce dont notre société a besoin ?

La logique de l’exclusion comme objectif augure d’une politique de précarisation et de régression de la cohésion sociale bien davantage que d’une politique de création d’emploi et d’insertion sociale. Alors que le chômage structurel reste très élevé en Wallonie, et que dans certains secteurs il y a 40, 50 voire 60 demandeurs pour une offre d’emploi, cette politique de culpabilisation et de sanction individuelles des demandeurs n’a aucun sens.

Pourtant, le nouveau Ministre de l’emploi, le libéral Pierre-Yves Jeholet, estime que le FOREM ne sanctionne pas assez ! Et Patrick Dupriez de conclure : "Il s’agit d’une position démagogique et déconnectée des réalités du chômage. La responsabilité des pouvoirs publics est de créer les conditions pour une création d’emplois de qualité et de mieux partager le temps de travail. Ecolo invite le Ministre Jeholet et le gouvernement wallon à travailler dans cette voie, plutôt qu’en accentuant des mesures antisociales et inefficaces ! ».

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Un dossier suivi par

Patrick Dupriez

Patrick Dupriez

Co-président d'ECOLO
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Hélène Ryckmans

Hélène Ryckmans

Députée wallonne, députée à la fédération Wallonie-Bruxelles, Sénatrice
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